Archives du mois : juin 2017


Première enquête mondiale sur la SUPERVISION de la SUPERVISION

Date de mise à jour : 20/06/2017

Cher collègue superviseur,

Je vous ai envoyé récemment le lien vers la première enquête menée mondialement sur la supervision de la supervision.

J’ai pensé que quelques explications permettraient à ceux qui ne sont pas familiers avec la langue Anglaise de situer ce qui se passe.

Au cours de l’année 2015 l’idée d’un groupe international de superviseurs a émergé entre nous et ce groupe a été créé au début de 2016 : GSN – Global Supervisors Network. Ce groupe croît rapidement et assemble des superviseurs des cinq continents.

Les objectifs étaient les suivants :

  • Permettre de disposer, pour les superviseurs et par les superviseurs, d’une offre de Développement Professionnel Continu sur la supervision, sujet que les associations de coachs et/ou de superviseurs ont négligé.
  • Identifier, et si possible traiter, les sujets de recherche émergents. En particulier nous voyons se développer internationalement des questionnements relatifs à la supervision des coachs internes (une petite étude a été faite et je peux l’envoyer à ceux que cela intéresse) et à l’apparition de techniques qui utilisent celles de la supervision mais pour des populations de RH, managers ou dirigeants.

 

La présente enquête porte sur la supervision des superviseurs. Elle est justifiée par le fait que les associations internationales qui ont pour membres des superviseurs (EMCC, AC, etc…) leur demandent en général d’être eux-mêmes supervisés ou de participer à des intervisions. Cependant nous ne disposons actuellement que de peu de savoir construit sur ce sujet. C’est pourquoi les superviseurs du monde entier vont être sollicités.

SURVEY INFORMATION: Supervision of Supervision

https://www.surveymonkey.co.uk/r/GSNsupervisionofsupervision2017

Je reste à votre disposition pour toute autre information.

Bon week-end


Colloque EMCC sur la recherche, focus supervision

Date de mise à jour : 20/06/2017

Bonjour à tous,

Le colloque EMCC sur la recherche en coaching/mentoring/supervision qui a eu lieu à Greenwich les 14 et 15 juin a été particulièrement riche cette année sur le plan de la supervision avec cinq interventions. C’est un indicateur de l’inscription de la supervision dans l’identité de l’EMCC.

120 personnes de 18 pays (dont Amériques et Asie) ont participé, dont environ la moitié de superviseurs. L’Université de Greenwich, majestueuse à l’Anglaise, est un lieu particulièrement agréable et inspirant pour un colloque sur la recherche.

Quelques points remarquables de ces interventions :

1 – David Clutterbuck et Alison Hodge ont présenté les résultats de leur enquête sur Supervision du coaching d’équipe (55 réponses). La discussion a porté sur le niveau de maturité des différents pays en la matière. Les Britanniques n’ont pas encore une idée très claire de ce qu’est le coaching d’équipe et déplorent qu’il n’y ait pas encore de savoir établi sur le sujet. Un ouvrage de référence ambitieux est d’ailleurs en préparation et le comité éditorial doit décider cette semaine de la liste des auteurs retenus (je suis sur la short list..). Également les interventions se font le plus souvent avec un seul coach et la théorie des systèmes n’est pas toujours invoquée. Quant à la supervision du coaching d’équipe, elle souffre également d’un manque patent de références théoriques ou méthodologiques.
Il semble que la France soit la plus avancée sur ces sujets avec une approche plus résolument systémique. Nous sommes tous d’accord sur un point : le processus parallèle est à la fois un danger et la principale ressource.

2 – Notre présentation sur l’analyse et les méthodes de résolution des dilemmes éthiques a un peu surpris et suscité des commentaires ou idées (je peux envoyer l’article à ceux qui le demandent). Ainsi les superviseurs Grecs ont longuement discuté la possibilité d’appliquer ces méthodes à la supervision de managers ou dirigeants, approches qui se développent rapidement en Grèce.

3 – Alison Hodge a raconté les péripéties de sa thèse de doctorat sur la supervision, en particulier ses difficultés à mettre au point une méthodologie valide. Ceux qui ont fait de la recherche connaissent bien ce passage délicat qui est particulièrement difficile lorsqu’il s’agit de la supervision comme objet d’investigation. Les discussions ont là aussi porté sur la part du systémique dans la supervision.

4 – Mike Armour (Australien) a commencé une thèse de doctorat sur les théories en action dans la supervision. Là encore la dimension systémique est étriquée. Les discussions dans la salle ont vraiment bien montré que l’attraction pour l’intrapersonnel est forte chez les superviseurs qui ont un peu de mal à aller vers l’interpersonnel, le systémique et l’organisation. Pourtant la montée du coaching interne et de la supervision interne crée des besoins actuellement insatisfaits de prise en compte des axes stratégiques des organisations.

5 – Louise Sheppard a présenté sa thèse de doctorat en cours sur le supervisé, le lien supervisé-superviseur et les voies pour maximiser les effets de la supervision. Les résultats de sa recherche qui est quantitative montrent qu’il existe un large espace de progrès.

En dehors de ces sessions sur la supervision il a beaucoup été question de ce que nous avons besoin de savoir sur le coaching, le mentoring et la supervision. Pour cette dernière, Les chercheurs se font plaisir en inventant de nouveaux outils, mais nous en avons maintenant pléthore (120 identifiés à ce jour), alors qu’il est clair que nous manquons de recherches sur l’effet de la supervision sur le coaché et sur son système. Un autre axe serait d’explorer l’épistémologie d’une approche intégrative de la supervision. Enfin, la gestion de grandes populations de coachs internes, externes et des superviseurs par une entreprise reste à approfondir.

Comme à chaque fois ce colloque a permis de créer de nouveaux liens et de consolider len réseau international de superviseurs qui est devenu mondial et non plus seulement Européen depuis le début de 2016. L’information y circule bien ainsi que les propositions de business international.

Michel Moral